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présentationBienvenue sur mon blog. Ici, nous allons parler de livres que j’ai bien aimés, de mes plantes de jardin…
Mais aussi de contes, de légendes, de mythes et de mystères. Et de symbolique, car souvent, ce qui est caché derrière une histoire fantastique n’est pas ce que l’on croit.

Les articles

Chronique du livre « Le Carnet de croquis »

Couverture du livre Le Carnet de croquis

J’ai découvert la nouvelle Marcel Pagnol !

Le résumé
Le Carnet de croquis, c’est l’histoire de Suzanne, qui déroule l’écheveau de son destin qui l’emmène loin de Paris, à Rabat des années 30 à 60. Fille d’un bourgeois et artiste peintre, la jeune femme nous fait découvrir sa passion pour l’art, et ce pays exotique, lieu de son parcours initiatique. À la fois poétique et propice à la rêverie, le Maroc nous révèle toute sa dureté en ces temps tourmentés de protectorat et de seconde guerre mondiale.
Le Carnet de croquis s’inscrit aussi dans une littérature engagée, dénonçant la condition des femmes du début du XXe siècle, et le combat mené pour acquérir droits et dignité, à l’instar des Rabatais face à l’attitude scandaleuse du gouvernement français.

L’auteure

Véronique Duvillier

Véronique Duvillier, formée aux Beaux-Arts de Paris, passionnée d’Histoire, se définit comme une « multiste » : peintre, saxophoniste, elle a pratiqué la danse et le théâtre pendant vingt ans.
Elle vit depuis quelques années en Guadeloupe, où la douceur du climat lui permet de s’adonner à l’écriture.
Cinquième génération d’artistes peintres, petite nièce de René Duvillier, elle signe avec Le Carnet de croquis, son premier roman, en hommage à sa grand-mère trop tôt disparue.

Mon avis
Avec Le Carnet de croquis, je suis sur un petit nuage, c’est très bien écrit et très émouvant.

Véronique Duvillier est une artiste peintre de talent et, pour ce roman, elle manie aussi bien la plume que les pinceaux. C’est une virtuose des mots. Son style est léger, virevoltant et poétique. Véronique Duvillier est selon moi une digne héritière de Marcel Pagnol.

Dans Carnet de Croquis, l’auteure nous livre une auto-biographie originale, car c’est celle de sa grand-mère Suzanne et non la sienne. Elle lui rend donc un vibrant hommage.

Suzanne, une artiste peintre exilée au Maroc durant la période du protectorat, nous apparaît comme un personnage d’une droiture et d’une qualité humaine remarquables. Cependant, la vie et son mariage avec Edouard ont contrarié ses ambitions artistiques, la limitant à son carnet de croquis.

“ Ses yeux vert clair métalliques m’avaient subjuguée, ainsi que son caractère. Je fondais pour un tyran car il avait l’intelligence d’alterner caresses et réflexions cinglantes, compliments et contemption, diligences et indifférence. Il avait créé chez moi une dépendance affective… Ses exigences étaient sans limite, je lui appartenais.”

Véronique Duvillier nous brosse, à travers les yeux de Suzanne, le portrait d’une société marocaine culturellement riche et colorée mais également en proie aux tourments de la guerre et du protectorat.

“Ce fut à ce moment que je fis la connaissance d’Albert Pilot artiste peintre, installé à Rabat pour fuir la persécution allemande de sa campagne normande. Il occupait un atelier, la Lyre, sur le futur boulevard Mohamed V, et je fus cueillie par une émotion intense, admirant ses toiles empreintes de lumière, de poésie des paysages marocains d’une douceur incommensurable, créant un antagonisme entre la situation dramatique et sanglante du protectorat, et la magie de son art.”

J’ai été immergée avec émotion dans cette fantastique famille d’artistes tout au long des pages, que j’ai tournées sans même m’en apercevoir.

Franchement, j’aurais voulu que ce roman n’ait pas de fin, tant la lecture me fut agréable.

Ce roman est pour moi un énorme coup de cœur. Et je dois dire que j’ai également eu un énorme coup de cœur pour l’auteure ; Véronique est une personne très touchante par sa bonté et son talent.

Alors un grand Merci à Véronique pour m’avoir confié son magnifique ouvrage.

Il est disponible ici : Le Carnet de croquis de Véronique Duvillier

Chronique du livre « La Rose et le Narrateur »

Couverture du livre La Rose et le Narrateur de Loïc Grosman

Ce roman est à lire absolument !

C’est drôle, humain, original et pétillant !
Habituellement, je ne vais pas vers les œuvres romantiques.
Mais la couverture m’a attirée et la quatrième de couverture a fini de m’accrocher, tant l’histoire m’a paru originale.

Ici, l’histoire commence comme tous les stéréotypes du genre roman à l’eau de rose. Mais le narrateur, un homme bougon, corrosif et disons-le « chiant », parvient à convaincre l’auteur de changer d’histoire.
Evan et Maureen se rencontrent lors d’une fête bretonne. Mais malgré un amour réciproque, les tourments de la vie les séparent.
L’amour est plus fort. Ils seront réunis par cette force qui surpasse toutes les barrières. Arthur, le fils ď’Evan et sa petite amie Chloé contribueront également à les rapprocher.

L’auteur a réussi à me séduire par cette nouvelle histoire.
Quant au narrateur, il commente l’histoire à mesure qu’elle se déroule, avec des phrases drôles, pertinentes, de plus en plus profondes ! Il espace ses commentaires et finit par soutenir les personnages dans leurs quêtes du bonheur, jusqu’à influer sur les événements qui se passent dans le livre.
Les personnages sont bien construits et sont cohérents.

Loïc a un style que j’aime beaucoup, facile à lire, tout en finesse et jamais vulgaire. C’est vraiment très bien écrit, sans fautes. Ce roman est d’une virtuosité littéraire jubilatoire ! En plus c’est drôle et profond, avec des répliques qui deviendront peut-être cultes. L’humanité de l’auteur transparaît dans ce roman, car on apprend que Maureen a un « particularisme ».
Et, cerise sur le gâteau, la fin est absolument bluffante ! Mais je n’en dirai pas plus…

Je pense que cet ouvrage, résolument moderne, a vocation à devenir un cas d’école, un grand classique du genre. L’idée de dissocier le narrateur et l’auteur est brillante !

Merci à Loïc pour cette œuvre !

Elle est disponible sur son site internet : Les Livres de Demain
J’ai pu la trouver sur simplement.pro

Chronique du livre « Strarda »

Couverture du livre Strarda de Mishakal Yveldir

Quelle plume !
Ce roman est pour moi une vraie découverte. Sans aucun doute, Mishakal Yveldir est une grande romancière. Elle se situe selon moi au même niveau que Anne Rice, Bram Stoker ou Kim Newman.
Le personnage, Julius, un homme de la petite noblesse sans prétention, croise le chemin de Cassandre une vampire de la plus haute noblesse mais d’une cruauté sans nom.
Cette dernière se plaît à détruire ses amants en les faisant sombrer dans la folie grâce à son venin vampirique.
Julius, après de multiples périples, parviendra enfin à dompter sa bête; Son autre soi, ce qui n’est pas du goût de Cassandre.
Ce roman nous conduit à un rythme trépidant à travers des contrées peuplées de sorcières, de vampires cruels et de fantômes d’enfants sauvagement assassinés. Les détails sont époustouflants de réalisme. J’en ai frémi!
Les scènes sont gores et sadiques à souhait. Mishakal a su créer son propre univers. C’est un grand roman !
Merci à Mishakal pour cette incroyable lecture.

Chronique du livre « Choisi »

Couverture du livre Choisi de Dario Alcide

Un roman au style original

J’ai été agréablement surprise par le style employé dans ce roman qui traite de vampires. C’est facile à lire, drôle et vraiment très contemporain dans la forme, ce qui n’est pas habituel pour ce genre de roman. L’auteur cherche littéralement à casser des clichés, que se soit dans la forme ou l’histoire.

L’histoire est celle d’un quadra tout ce qu’il y a de plus banal, qui devient la cible d’une belle et jeune vampire bien loin des stéréotypes mais toute aussi ordinaire que lui. Cette dernière le « choisit » pour en faire un vampire fraîchement assassiné puisque la belle cultive un sadisme de haut vol.

S’installe alors entre eux une relation « sado-maso » à la mode vampirique. Pour sûr, ceci ne manquera pas de séduire les amateurs.
Les scènes de soumission sont très présentes et parfois un peu gores.

Il faut dire que la vampire Amy est particulièrement sadique, narcissique en plus d’être névrosée, son statut de vampire lui déplaisant fortement. Elle poussera le vice jusqu’à demander à celui qu’elle a créé d’être l’arme de son suicide. Le malheureux complètement soumis, ira jusqu’à se persuader qu’il n’y a pas d’autre solution.

Même si je ne suis pas fan de l’histoire, je dois reconnaître que l’auteur a son style, et que celui-ci est parfaitement plaisant.
Je ne peux qu’encourager l’auteur dans sa particularité, qui je pense plaira au plus grand nombre.

Chronique du livre « La Folie et l’Absinthe »

Couverture du livre la Folie et l'Absinthe

Une pépite originale à lire !!!

Je suis tombée sur une pépite, avec ce livre. D’habitude, je ne lis pas de recueils de nouvelles, les romans ayant ma préférence. Je me suis pourtant laissée tenter par le sujet de ce recueil : l’absinthe, breuvage mystérieux qui a la faculté de rendre fou et dont abusaient les artistes du XIXème siècle.

Je n’ai vraiment pas été déçue.

D’abord, les nouvelles sont toutes très bien écrites, et de plus dans un style différent : la facilité de lecture m’a plu et j’ai trouvé ce mixage de styles vraiment original.
Ensuite, les histoires : elles s’inscrivent résolument dans le genre du fantastique. Elles tournent toutes autour de l’âme humaine, qu’elles sondent à la recherche de ses vices. Autant le dire tout de suite, elles se terminent mal !
Bien que j’en eusse aimé certaines plus que d’autres, elles m’ont toutes, sans exception, accrochée dès les premiers paragraphes !

J’ai particulièrement aimée la nouvelle « Juste au cas où « , écrite comme un conte pour enfants, qui raconte, à travers les souvenirs d’enfance d’un grand-père, la recette de fabrication de l’absinthe et l’origine du nom « La fée verte » ; une recette horrible, fruit du ruissellement de la fonte des neiges au travers des cadavres d enfants assassinés.

Le fonds du recueil est bien documenté, les recherches sont sérieuses, et je subodore que l’auteur / certains des auteurs ont dû expérimenter eux-même le breuvage pour sortir des histoires aussi originales !

L’ensemble reste cohérent, vraiment agréable à lire, accrocheur, pertinent et sulfureux à souhait. Un vrai parti-pris qui tient la route ! L’ambition d’une anthologie sur ce thème de l’absinthe est pour moi validée. Ce livre est donc une réussite et mérite d’être connu.

Merci à Noir Absinthe pour ce beau recueil.

Chronique du livre « Absinthe n’y touche »

Couverture du livre Absinthe n'y touche

Ce livre est juste génial !

Le thème de ce recueil de nouvelles est dans le titre : l’Absinthe.
L’absinthe, aussi appelée Fée Verte, faisait des ravages dans les cercles d’artistes du XIXème siècle, qu’elle rendait fous et débauchés.
Le titre indique bien la teneur du recueil dont les nouvelles, écrites dans un genre plutôt fantastique, sont poétiques et très érotiques.
Le recueil se compose de six nouvelles précédées chacune par un court poème, ainsi que de deux poèmes sur le thème.
Au fil des pages, j’ai vraiment senti que la diablesse verte nous entraînait dans les tréfonds de l’enfer.
Le recueil est écrit dans des styles très différents, puisqu’il s’agit d’un collectif d’auteurs, et c’est ce qui fait toute sa force. Pourtant, l’ensemble est cohérent et merveilleusement écrit.
Les nouvelles qui le composent sont toutes vraiment très originales et haut-perchées ; je pense que les auteurs ont dû s’en donner à cœur joie avec la muse verte lorsqu’ils les ont écrites.

Une de ces nouvelles, que j’ai particulièrement aimée, est celle intitulée « Artemisia », dont histoire nous raconte comment un marginal parisien, au hasard d’une rencontre, découvre le terrible breuvage qui le conduit à la folie et à la mort en empruntant les traits d’une séduisante jeune femme.

Un seul regret : il se finit trop tôt ; j’aurais aimé en lire plus !

Pour finir, ce recueil fait écho au recueil la Folie et l’Absinthe des éditions Absinthe noir, car les deux ont collaborés ; Mais je dois dire que ce recueil-ci mérite sa place à part et tout mon intérêt pour sa qualité littéraire, sa présentation soignée et son originalité.
Un grand merci à Philippe Aurèle Leroux et son comité, pour sa confiance et ce magnifique recueil.

Histoire, Légende, Mythe ou Symbolique ?

Il y a souvent dans notre esprit une confusion entre Histoire et Légende et entre Légende et Mythe. Nous subissons aussi une incompréhension encore plus marquée dès qu’on aborde la Symbolique.

Cet article a donc pour but de clarifier ces confusions tout en apportant un éclairage particulier sur le passage des récits d’un domaine à l’autre.

Il est cependant loin d’être complet. Il ne propose qu’un point de vue, parmi beaucoup d’autres, sur les thèmes dont il traite.

Il serait en effet difficile, voire impossible, de fournir ne serait-ce qu’une définition consensuelle d’un seul des termes du titre, tant les interprétations sont différentes selon qu’on soit historien, sociologue, kabbaliste, écrivain ou alchimiste.

Tout d’abord, quelles sont les caractéristiques des récits dans chacun de ces domaines ?

L’Histoire

illustration d'un récit d'histoire

L’Histoire est saisie à travers des thèses (d’historiens), mais aussi racontée par des récits – dits récits Historiques.

« Le récit historique, ou plus simplement l’histoire, est basé sur des évènements ayant pavé le cours de l’Histoire. Il est un récit qui se doit d’être réaliste, tant à travers les faits historiques qu’il relate, mais également à travers la vie quotidienne qu’il raconte. »

Cette définition est assez communément acceptée, mais n’est pas suffisante. J’en préfère une autre :

« Le récit Historique est basé sur une transcription de la réalité, au sens le plus restrictif du terme, qui apporte un témoignage réel ou au pire réaliste, de faits qui se sont déroulés dans le passé, et dont le contenu, aussi exact et précis que possible, s’est transmis jusqu’au présent par une généalogie ininterrompue de preuves matérielles »

Pas de place, donc, dans l’Histoire, pour la fantaisie ou l’imaginaire.

Les preuves matérielles sont principalement des documents officiels (rapports de professionnels au dessus de tout soupçon, comme police ou secrétaire), des témoignages de tiers contemporains du fait historique (récits de proches), des peintures (portraits de famille), des gravures (inscriptions dans la pierre), pour la majorité des récits.

Les sources auxquelles s’alimente le récit de l’Histoire sont invariablement authentifiées par la communauté experte actuelle, et dans le meilleur des cas vérifiable par tout un chacun. Il est donc souvent composé de références à d’autres faits de l’Histoire, de dates et de noms de personnes ayant réellement existé.

Le Temps de l’Histoire est un temps normal. Les personnes vivent la durée normale d’une vie humaine, les faits se déroulent selon une chronologie réelle, et toutes les actions entreprises sont à la portée d’un être humain réel de l’époque. Il n’y a pas de super-pouvoir, pas de magie non plus comme celle d’Harry Potter.

La seule possibilité de spéculation, dans l’Histoire, est celle qui relate les pensées et les émotions des personnes concernées.

La Légende

illustration d'une légende

La Légende est, comme le mot l’indique directement, un legs du passé.

La Légende prend son origine dans l’Histoire. Elle a pour caractère principal une amplification des faits historiques, des qualités des personnages, de l’importance des situations, jusqu’à devenir fantaisiste.

Des personnes historiques, courageuses à un moment de leur vie, deviennent des Héros – ou des Méchants – aux qualités exceptionnelles, et les actions qu’ils ont pu réellement accomplir sont grossies.

C’est par exemple le cas bien connu du comte Drac, un personnage ayant réellement existé, qui est devenu, dans la culture actuelle, le fabuleux vampire Dracula, doté de grands pouvoirs.

La Légende donc n’est plus reliée à l’Histoire que par quelques dates, ou noms de personnage ayant réellement pris place dans notre passé.

Elle s’exprime cependant par le caractère ininterrompu de la transmission, par des témoignages parfois oraux au début, puis écrits par des générations d’auteurs s’inspirant les suivants des précédents, du contemporain de la Légende à la société actuelle.

Le plus souvent, ce sont des écrits qui sont à la base d’une Légende, puis la transmission orale, peu à peu déformées, vers les générations successives, qui se saisit de l’Histoire, la reformate à son goût et selon ses besoins d’affirmation culturelle.

Les Légendes, qui sont donc issues des déformations de l’Histoire, acquièrent aussi un caractère universaliste par leurs inscriptions successives dans la culture d’un peuple légataire direct puis par leur assimilation par les autres peuples.

Le Mythe

illustration d'un mythe

Le Mythe n’est pas une légende qui a évolué, contrairement à ce qu’on pourrait penser.

Le Mythe assume le caractère d’un récit inventé, soit complètement, soit par amalgame de plusieurs morceaux d’histoires légendaires ou d’autres mythes.

Les principaux caractères pour reconnaitre un Mythe d’une Légende sont assez faciles à voir :

Il y a, d’abord, une grande part de fantaisie dont fait part le récit mythique. Un Mythe tient plus de la fable que de l’Histoire, ou même de la Légende, puisqu’on peut retrouver dans les mythes de nombreuses espèces d’animaux, ou d’entités à forme plus ou moins humaines, qu’on peut tout de suite dire qu’elles n’ont jamais existé dans le passé.

Les dragons, personnages ailés, chiens à 7 têtes, homme à tête d’aigle, sirènes, par exemple, sont monnaie courante dans les mythes.

Il y a aussi une déformation totale, ou quasi-totale, des notions de base du réalisme : l’espace et le temps ne sont plus du tout en adéquation avec la réalité.

Les immortels, les lieux imaginaires, le temps-même mis par l’action d’un personnage sont de nature à faire sourire.

Car le grand caractère d’un mythe, c’est son but. Il s’adresse à la psychologie du lecteur contemporain, et non à son passé.

Le temps dans lequel le récit prend place est donc indéfini, ou dans un passé si lointain qu’il est normal qu’il n’y en ait plus aucune trace.

Le Mythe doit toutefois prendre ses éléments dans l’imaginaire présent du lecteur, afin de conserver la véracité de son message. Il a donc besoin d’être actualisé à mesure que change l’époque dans laquelle le mythe est transmis.

Pour exemple, le mythe du Golem s’est actualisé en mythe de Frankenstein. Actuellement, c’est une entité indéfinie, qu’on appelle « IA » (intelligence artificielle), qui est le candidat pressenti pour l’actualisation du mythe du Golem.

La profusion de symboles (objets, représentations visuelles, actions précises) indique aussi la présence d’un mythe plutôt que d’une légende.

C’est même là son caractère principal. En effet, si l’on se penche sur un récit mythique, avec un peu de discernement, on peut tout à fait s’apercevoir que le mythe tourne surtout autour des symboles, et que les situations dans lesquelles le récit plonge le lecteur ont vraisemblablement été adaptées afin de mettre en valeur l’importance du symbole.

La Symbolique

illustration d'une planche symbolique

La Symbolique est certainement le domaine le plus difficile à comprendre au premier abord, car notre époque actuelle a soigneusement gommé toute possibilité de saisie de son champ d’expression.

La Symbolique est, en résumant fortement, « l’étude » des symboles à travers son « langage », le symbolisme.

C’est une manière de transmettre des connaissances, non par analyse du signifiant d’un récit, mais par des méthodes plus intérieures, relatives non seulement à l’auteur du récit symbolique mais aussi au lecteur qui en prend connaissance.

C’est même dans cette dernière assertion, le lecteur qui en prend connaissance, que réside le but de la symbolique.

Grâce à la mise en action de symboles, à travers un récit totalement libre de tout réalisme, le lecteur obtient des clés de compréhension sur des « vérités d’ordre supérieures » concernant sa nature profonde.

Ces vérités sont par nature universelles et intemporelles, elles peuvent donc se transmettre d’un auteur à un lecteur, indépendamment de leurs époques ou de leurs cultures respectives.

La Symbolique ne s’enseigne ni ne s’apprend par les méthodes habituelles, scolaires ou autres.

Elle fonctionne par évocation, recherche personnelle, maturation mentale, perception intuitive, pratique directe de rituels. Les rituels sont des sortes de récits vivants, comme une pièce de théâtre dont on serait un des acteurs.

Ce n’est donc pas une matière à proprement parler, mais plutôt une activité réflexive et immersive totale, un paradigme personnel.

Souvent, une personne qui pratique la Symbolique dira, avec un petit sourire et un regard lointain, que « tout, absolument tout, est symbole ».

Oubliez tout ce que vous savez sur les Vampires !

Les vampires sont des être fantastiques qui ont donné lieu à des mythes dans de nombreuses civilisations, et ce depuis la nuit des temps. Ces créatures, associées aux ténèbres, étaient considérées comme des morts-vivants suceurs de sang dotés de pouvoirs incitant à la terreur.

La peur du vampire reste très présente aujourd’hui dans certaines régions des Balkans, où des rites d’inhumations anti-vampires persistent.

Ce n’est plus le cas ailleurs. Bien que les vampires soient toujours aussi populaires, ils sont maintenant beaucoup plus appréciés. Ce changement est principalement dû à l’évolution de la littérature et de la filmographie, ainsi qu’aux progrès médicaux qui expliquent mieux les confusions possibles entre ces êtres surnaturels et des personnes affectées par des maladies liées au sang.

Cependant bien que les vampires reflètent aujourd’hui une facette plus humaine de notre personnalité, ce sont des êtres mythiques aux origines très anciennes et très étendus géographiquement. Le sang est un élément symbolique central dans ce mythe.

L’Origine du mythe:

 

Au risque de décevoir les adeptes du réel, les vampires sont des créatures fondamentalement issues de mythes. Les mythes originels, qui sont des morceaux d’histoires où se mêlent figures symboliques et philosophiques, ne reposent donc sur aucun fondement historique avéré. Par exemple, il n’y a aucun écrit qui aurait été retrouvé ou conservé jusqu’à maintenant. Il n’y a pas non plus de gravures, peintures ou autres moyens utilisés habituellement par les historiens, qui nous prouvent que les vampires sont réels.

Ces mythes relatifs au vampirisme, dont le vampire est la figure personnifiée, se rencontrent partout dans le monde, aussi loin qu’on puisse remonter dans le temps.

Débattre de la source de ces mythes, au sens historique, est assez limité, car les traditions orales sont peu susceptibles de datation.

De plus, l’apparition simultanée du mythe du vampire, tout autour du monde et sous des histoires différentes semble indiquer que cet axe historique de recherche de l’ origine n’est pas le meilleur qui soit pour comprendre la nature de ce thème.

Essayons cependant d’énumérer les plus anciennes évocations qui en sont faites:

 

L’Egypte Ancienne:

 

 

Sekhmet est une déesse de la mythologie Egyptienne, elle est représentée par une femme à tête de lionne avec un disque solaire sur la tête, un spectre Ouas, et une croix de Ankh signe de vie. Sekhmet veut dire «la puissante» ou «celle devant qui le mal tremble».

La déesse apporte la mort et la maladie, comme elle peut apporter la paix et la guérison.

Elle est l’instrument de la vengeance du dieu Rê lorsqu’il veut punir les Hommes. Elle représente alors la puissance destructrice du soleil. Le soleil symbolise la connaissance, et la connaissance lorsqu’elle est utilisée avec de mauvaises intentions, peut avoir des effets ravageurs.

Une sorte de vin d’Orge coloré de rouge était préparé en son honneur ( le même vin que celui qui représente le sang du Christ et qui est bu lors de la messe.), afin d’apaiser sa soif de sang. Elle devient alors une déesse de fertilité.

Elle devient la déesse Bastet. Bastet est la fille du dieu soleil Rê , c’est une femme à tête de chat (un chat c’est beaucoup moins dangereux qu’un lion.) qui protège le foyer, la maternité et l’humanité. Bastet lutte contre le serpent Apophis qui tente d’empêcher la course du soleil. Et oui c’est le même serpent que celui qui a tenté Eve dans la Bible, lorsqu’elle a croqué dans la pomme de l’arbre de la connaissance. Eve n’a pas su résister à la tentation et fut chasser sur terre avec Adam.

Dans le culte de la déesse Sekhmet, l’initié ( car il y avait des rites initiatiques dans l’Egypte antique, où l’initié apprenait la maîtrise de ses peurs et de sa colère. ) pouvait gagner ses faveurs.

La symbolique alchimique dans ce mythe Egyptien est bien présente et elle est la même que dans le mythe du vampire. A savoir que seules les personnes ayant assez de maîtrise d’eux même, sont dignes (ce qui n’est pas le cas des vampires) de recevoir la connaissance, sans nuire.

Le sang est un élément symbolique central dans cette histoire comme dans le mythe du vampire.

Le sang est à la fois source de vie et de mort. D’un point de vue biologique le sang permet les échanges avec l’extérieur. Il apporte l’oxygène des poumons et les nutriments à tous les organes et il permet la récupération des déchets du corps. c’est un élément de transport de ce qui est bon et de ce qui est mauvais en nous.

Sans le sang, il n’y a pas de vie, si il s’échappe du corps c’est la mort. C’est comme si il transportait notre âme. Il transporte nos humeurs, nos vices, nos peurs, notre colère mais aussi nos vertus et notre courage. Il est un lien avec nos ancêtres. Ne dit – on pas d’ un animal qu’il est un pure sang? Il est également possible d’avoir du sang « bleu ». Le sang n’est plus symbole de vie lorsqu’il coule pour de mauvaises raisons. Lorsqu’il est l’expression de notre colère, de notre douleur et de notre vengeance. on dit alors « mettre à feu et à sang ».

Le sang appel le sang, commence alors le cycle infernal de la douleur, de la vengeance, de la guerre et de la mort. Le seul moyen de mettre fin à ce cycle infernal pour qu’il devienne un cycle de vie c’est de maîtriser son être, sa douleur et sa colère, de renoncer à se venger, c’est de connaître cette douloureuse vérité. Le sang porteur d’âme et de l’étincelle divine, n’appartient qu’à dieu (ou à un dieu). Seul Dieu peut prendre la vie ou s’approprier le sang.

Ainsi Sekmet reprend le sang, qui a coulé de manière déraisonner pour devenir Bastet déesse de la vie. Le vampire lui est symbole de mort, il s’approprie le sang à l’image d’un dieu, mais il n’en a pas le droit. Il incarne notre mauvais côté celui là même que nous refusons de voir ( c’est pour cela qu’il est ébloui par la lumière de la vérité). Il est l’absence de maîtrise de nos sentiments, de notre être, et de notre animalité ( le vampire a des crocs.) ce qui engendre la mort.

L’Inde:

 

 

Kâlî est une déesse du panthéon Hindou. C’est la déesse de la destruction de toute chose y compris du mal, de l’ignorance, de la jalousie et de la passion. Les dévots qui la vénèrent sont libérés de la peur de la destruction, et Kâlî les protège.

Sous le nom de Chamuda, Kâlî fut chargée de tuer l’asura (démon) Rakta-Vija (Rakta: sang, Bija: graine) en buvant tout son sang, car chaque goutte tombée sur le sol pouvait engendrer un nouveau démon. A l’image de Sekmet, Kâli reprend le sang versé pour empêcher le cycle infernal de la vengeance et la destruction.

Cette histoire de sang tombé sur terre n’est pas sans rappeler l’histoire d Abel et Caïn.

Dans le livre des origines Genèse 4, 1-26:

La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi.
11 Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.

Et voici comment la bible nous explique que le sang appel le sang dans un cycle infernal de vengeance et de mort.

17 Caïn connut sa femme; elle conçut, et enfanta Hénoc. Il bâtit ensuite une ville, et il donna à cette ville le nom de son fils Hénoc.
18 Hénoc engendra Irad, Irad engendra Mehujaël, Mehujaël engendra Metuschaël, et Metuschaël engendra Lémec.
19 Lémec prit deux femmes: le nom de l’une était Ada, et le nom de l’autre Tsilla.
20 Ada enfanta Jabal: il fut le père de ceux qui habitent sous des tentes et près des troupeaux.
21 Le nom de son frère était Jubal: il fut le père de tous ceux qui jouent de la harpe et du chalumeau.
22 Tsilla, de son côté, enfanta Tubal Caïn, qui forgeait tous les instruments d’airain et de fer. La soeur de Tubal Caïn était Naama.
23 Lémec dit à ses femmes:

Ada et Tsilla, écoutez ma voix!
Femmes de Lémec, écoutez ma parole !
J’ai tué un homme pour ma blessure,
Et un jeune homme pour ma meurtrissure.
24 Caïn sera vengé sept fois,
Et Lémec soixante-dix-sept fois.

Origines Bibliques:

Abel et Caïn:

 

 

C’est justement dans la Bible (qui trouve en autre, son inspiration dans les Mythes Mésopothamiens anciens), qu’on peut trouver l’histoire du premier vampire ayant exister.

Et ce vampire c’est Cain. Voici le commencement de l’histoire:

Abel et Caïn sont les fils d’Adam et Eve. Caïn, le fils aîné est agriculteur, son frère Abel est berger. Un jour, tous les deux font une offrande à Dieu.

Caïn offre les fruits de sa terre, et Abel offre des agneaux en sacrifice.

Dieu préfère l’offrande d’Abel et fou de colère et de Jalousie Caïn tue son frère.

Caïn devient le premier meurtrier de l’histoire de l’humanité.

Dieu le condamne alors à errer sur terre pour l’éternité. De plus il ne pouvait plus produire de fruits de sa propre terre.

Caïn n’a pas sacrifié ses vices (son sang n’était pas pure), il n’était donc pas digne de recevoir la lumière de la connaissance. Cain perdit son frère dans sa rage et en plus il se condamna à la vie sur terre, qui est vu comme une malédiction.

Et le SEIGNEUR dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu ? Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui.

Jan van Eyck, détail de l'autel de Gand : Caïn et Abel [Yorck Project]
Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua.

Abel a offert à Dieu le sang de ses agneaux; Le sang a suivit un mouvement ascendant. Alors que Caïn a fait couler sur terre le sang de son frère. le sang a suivit un mouvement descendant. Il a là une notion de mouvement vertical, qui a pour centre la terre.

Sur terre il n’est pas possible de se déplacer autrement qu’à l’horizontale. Et seule la connaissance et la maîtrise de soi permet de s’élever à la verticale dans le bon sens. Mais pour ceci il faut avant tout être au centre ou au coeur. si on ne sacrifie pas ses vices (mort au sens symbolique avant une renaissance de l’être.) et qu’on n’écoute pas son coeur alors on est condamné à la vie terrestre. Cette notion de verticale et d’horizontale renvoie à l’image de la croix.

La croix chrétienne et la croix de Ankh Egyptienne ont la même symbolique. Un trait horizontal ( la vie terrestre) relié au centre (point ou cercle ou coeur) par un trait vertical ( dimension spirituelle). Le centre étant le pivot ( maîtrise, sacrifice du sang, mort symbolique) permettant d’accéder d’une dimension à l’autre.

Ceci n’est pas sans rappeler la formule alchimique VITRIOL:  » Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu découvriras la pierre cachée. »
L’Image de la croix, du sang, de l’agneau, de la mort et de la résurrection nous amène à l’image du Christ. Alors quel est le lien entre Jésus et le vampire.

Jésus est il un vampire ?

 

vampire 1 vampire 2

 

Après une vie initiatique bien remplie Jésus est parvenu à la maîtrise parfaite de lui même. Quelque part, Jésus a réussi là où Moïse a échoué. Car Moïse ne pourra pas aller en terre promise pour avoir frappé le rocher avec son bâton au lieu de lui parler : Livre des nombres 20, 7-13. Le chemin qui mène à Dieu passe par la maîtrise. Vous pouvez taper sur joue de Jésus, et bien , il ne vous claquera pas, il vous tendra l’autre joue, ce qui est encore plus énervant. Jésus est mort sur la croix, il s’est sacrifié et a donné son sang, alors que le vampire sacrifie le sang des autres. Jésus a « racheté de son sang » les fautes de l’humanité commençaient avec Caïn et permet à cette dernière de repartir sur des bonnes bases. Ainsi le cycle infernal du sang peut prendre fin.

Jésus rappelle l’agneau Pascal évoqué dans les Dix plaies d’Egypte Exode 12 : 29-36.

Les premiers nés Egyptiens moururent mais pas les hébreux, car ils ont sacrifiés un agneau et mit son sang sur la porte de leurs maisons afin d’échapper à l’ange de la mort.

Jésus reçu une lance (pour le vampire c’est un pieux) en plein coeur (là encore on est dans un plan avec une dimension verticale et une dimension horizontale, le coeur étant au centre.) et il est ensuite ressuscité (notion de mourir mais pour renaître, c’est une métamorphose de l’être) pour finalement rejoindre Dieu le père (car il est le fils de Dieu comme Bastet est la fille du Dieu soleil).

Jésus apparaît éclairé par la lumière du soleil directement et pas par la lumière de la lune comme c’est le cas pour le vampire.

Le soleil c’est l’astre du jour, de la connaissance, c’est le divin. La lune, elle ne fait que réfléchir la lumière, elle s’approprie la lumière. La lune c’est l’astre des ténèbres, de la nuit et de l‘ignorance. Le vampire est un être des ténèbres, il ne peut pas regarder directement la lumière.

Quand le christ est symbolisé par la croix, le vampire comme tous les démons est symbolisé par une croix inversée. Jésus comme le vampire a connu la vie sur terre, il est morts pour renaître. Jésus est devenu le Christ un être de lumière, tandis que le vampire est devenu un être des ombres. La différence c’est produit au centre ou au coeur. L’un a suivit la voie de son coeur, l’autre a gardé ses peurs et ses vices.
Jésus comme le vampire est puissant, et a des pouvoirs.

Jésus a la possibilité de faire des miracles et de maîtriser les éléments. Il marche sur l’eau, bien sûre il faut voir ceci d’un point de vu symbolique. Jésus est capable de s’affranchir des difficultés de la vie. Il peut multiplié les pains, là encore il y a une notion symbolique dont celle du partage.

Le vampire lui manipule ou trompe les autres à son avantage. Il a le pouvoir d’ hypnose, de télépathie, de télékinésie, d’ invisibilité ( il brouille le sens de la vu) et peut se transformer en animaux, là encore il donne l’illusion d’être ce qu’il n’est pas. Il empêche de voir la vérité, suivre sa voie empêche d’accéder à la connaissance.

Jésus n’est pas un vampire, il est exactement son contraire dans un miroir. L’un est la face clair l’autre la face sombre, d’un même objet, placé au centre. Le miroir nous renvois à nous même, et à notre courage. Pouvons nous nous voir tel que nous sommes? Quelle voie allons nous choisir ?

Il est incroyable de constater à quel point un mythe comme celui du vampire, a la même résonance symbolique quelque soit le temps où le lieu. De plus il est également indéniable que les mythes, la philosophie, l’alchimie et les religions se rejoignent sous forment de figures symboliques. Le but étant de nous donner accès à une connaissance universelle très ancienne, qui peut nous permettre de gérer au mieux notre Humanité.

Autres Informations:

Si les livres sur les vampires vous intéressent ou plus largement le domaine du fantastique; Je vous conseils le site Vampire et sorcière (lien)

Pour ceux qui aiment la mode gothique, les accessoires et bijoux dans le même style, vous pourrez trouver se qu’il vous faut sur les sites suivants:

L’antre de Syria

L’antre de Lilith

The Dark Store (lien)

La petite Faucheuse(lien)

Gothyca(lien)

Discobole New Rock(lien)

Vampire-Republic(lien)

Dans un style plus fantastique:

Boutiquemédiéval.fr(lien)

armoria.com(lien)