Chronique du livre « Le Carnet de croquis »

J’ai découvert la nouvelle Marcel Pagnol !

Le résumé
Le Carnet de croquis, c’est l’histoire de Suzanne, qui déroule l’écheveau de son destin qui l’emmène loin de Paris, à Rabat des années 30 à 60. Fille d’un bourgeois et artiste peintre, la jeune femme nous fait découvrir sa passion pour l’art, et ce pays exotique, lieu de son parcours initiatique. À la fois poétique et propice à la rêverie, le Maroc nous révèle toute sa dureté en ces temps tourmentés de protectorat et de seconde guerre mondiale.
Le Carnet de croquis s’inscrit aussi dans une littérature engagée, dénonçant la condition des femmes du début du XXe siècle, et le combat mené pour acquérir droits et dignité, à l’instar des Rabatais face à l’attitude scandaleuse du gouvernement français.

L’auteure

Véronique Duvillier

Véronique Duvillier, formée aux Beaux-Arts de Paris, passionnée d’Histoire, se définit comme une « multiste » : peintre, saxophoniste, elle a pratiqué la danse et le théâtre pendant vingt ans.
Elle vit depuis quelques années en Guadeloupe, où la douceur du climat lui permet de s’adonner à l’écriture.
Cinquième génération d’artistes peintres, petite nièce de René Duvillier, elle signe avec Le Carnet de croquis, son premier roman, en hommage à sa grand-mère trop tôt disparue.

Mon avis
Avec Le Carnet de croquis, je suis sur un petit nuage, c’est très bien écrit et très émouvant.

Véronique Duvillier est une artiste peintre de talent et, pour ce roman, elle manie aussi bien la plume que les pinceaux. C’est une virtuose des mots. Son style est léger, virevoltant et poétique. Véronique Duvillier est selon moi une digne héritière de Marcel Pagnol.

Dans Carnet de Croquis, l’auteure nous livre une auto-biographie originale, car c’est celle de sa grand-mère Suzanne et non la sienne. Elle lui rend donc un vibrant hommage.

Suzanne, une artiste peintre exilée au Maroc durant la période du protectorat, nous apparaît comme un personnage d’une droiture et d’une qualité humaine remarquables. Cependant, la vie et son mariage avec Edouard ont contrarié ses ambitions artistiques, la limitant à son carnet de croquis.

“ Ses yeux vert clair métalliques m’avaient subjuguée, ainsi que son caractère. Je fondais pour un tyran car il avait l’intelligence d’alterner caresses et réflexions cinglantes, compliments et contemption, diligences et indifférence. Il avait créé chez moi une dépendance affective… Ses exigences étaient sans limite, je lui appartenais.”

Véronique Duvillier nous brosse, à travers les yeux de Suzanne, le portrait d’une société marocaine culturellement riche et colorée mais également en proie aux tourments de la guerre et du protectorat.

“Ce fut à ce moment que je fis la connaissance d’Albert Pilot artiste peintre, installé à Rabat pour fuir la persécution allemande de sa campagne normande. Il occupait un atelier, la Lyre, sur le futur boulevard Mohamed V, et je fus cueillie par une émotion intense, admirant ses toiles empreintes de lumière, de poésie des paysages marocains d’une douceur incommensurable, créant un antagonisme entre la situation dramatique et sanglante du protectorat, et la magie de son art.”

J’ai été immergée avec émotion dans cette fantastique famille d’artistes tout au long des pages, que j’ai tournées sans même m’en apercevoir.

Franchement, j’aurais voulu que ce roman n’ait pas de fin, tant la lecture me fut agréable.

Ce roman est pour moi un énorme coup de cœur. Et je dois dire que j’ai également eu un énorme coup de cœur pour l’auteure ; Véronique est une personne très touchante par sa bonté et son talent.

Alors un grand Merci à Véronique pour m’avoir confié son magnifique ouvrage.

Il est disponible ici : Le Carnet de croquis de Véronique Duvillier

Chronique du livre « La Rose et le Narrateur »

Ce roman est à lire absolument !

C’est drôle, humain, original et pétillant !
Habituellement, je ne vais pas vers les œuvres romantiques.
Mais la couverture m’a attirée et la quatrième de couverture a fini de m’accrocher, tant l’histoire m’a paru originale.

Ici, l’histoire commence comme tous les stéréotypes du genre roman à l’eau de rose. Mais le narrateur, un homme bougon, corrosif et disons-le « chiant », parvient à convaincre l’auteur de changer d’histoire.
Evan et Maureen se rencontrent lors d’une fête bretonne. Mais malgré un amour réciproque, les tourments de la vie les séparent.
L’amour est plus fort. Ils seront réunis par cette force qui surpasse toutes les barrières. Arthur, le fils ď’Evan et sa petite amie Chloé contribueront également à les rapprocher.

L’auteur a réussi à me séduire par cette nouvelle histoire.
Quant au narrateur, il commente l’histoire à mesure qu’elle se déroule, avec des phrases drôles, pertinentes, de plus en plus profondes ! Il espace ses commentaires et finit par soutenir les personnages dans leurs quêtes du bonheur, jusqu’à influer sur les événements qui se passent dans le livre.
Les personnages sont bien construits et sont cohérents.

Loïc a un style que j’aime beaucoup, facile à lire, tout en finesse et jamais vulgaire. C’est vraiment très bien écrit, sans fautes. Ce roman est d’une virtuosité littéraire jubilatoire ! En plus c’est drôle et profond, avec des répliques qui deviendront peut-être cultes. L’humanité de l’auteur transparaît dans ce roman, car on apprend que Maureen a un « particularisme ».
Et, cerise sur le gâteau, la fin est absolument bluffante ! Mais je n’en dirai pas plus…

Je pense que cet ouvrage, résolument moderne, a vocation à devenir un cas d’école, un grand classique du genre. L’idée de dissocier le narrateur et l’auteur est brillante !

Merci à Loïc pour cette œuvre !

Elle est disponible sur son site internet : Les Livres de Demain
J’ai pu la trouver sur simplement.pro

Chronique du livre « Strarda »

Quelle plume !
Ce roman est pour moi une vraie découverte. Sans aucun doute, Mishakal Yveldir est une grande romancière. Elle se situe selon moi au même niveau que Anne Rice, Bram Stoker ou Kim Newman.
Le personnage, Julius, un homme de la petite noblesse sans prétention, croise le chemin de Cassandre une vampire de la plus haute noblesse mais d’une cruauté sans nom.
Cette dernière se plaît à détruire ses amants en les faisant sombrer dans la folie grâce à son venin vampirique.
Julius, après de multiples périples, parviendra enfin à dompter sa bête; Son autre soi, ce qui n’est pas du goût de Cassandre.
Ce roman nous conduit à un rythme trépidant à travers des contrées peuplées de sorcières, de vampires cruels et de fantômes d’enfants sauvagement assassinés. Les détails sont époustouflants de réalisme. J’en ai frémi!
Les scènes sont gores et sadiques à souhait. Mishakal a su créer son propre univers. C’est un grand roman !
Merci à Mishakal pour cette incroyable lecture.